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Tome vingt-neuvieme.
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292 Des sorciers.

Je respecte trop l’évêque, souverain de ce diocèse ,pour croire qu’il ait souffert une barbarie si idiote.

Mais en 1730 la moitié du parlement de Provencecondamna au feu comme sorcier l’imbécille8c indiscretjésuite Girard, tandis que l’autre moitié lui donnaitgain de cause avec dépens. La même sottise qui fitpasser ce pauvre homme pour un grand prédicateur,lui donna la réputation d’un grand magicien. Onsoutint dans le sanctuaire des lois, qu’en soufflantdans la bouche de la fille nommée Cadière , il luiavait fait entrer un démon d’impureté dans le corps,8c que cette fille possédée du diable 8c de frère Girardétait devenue amoureuse de l’un 8c de l’autre.

Les avocats qui plaidèrent contre le jésuite nemanquèrent pas de citer l’exempledu curé Gauffredi,qui non-seulement fut accusé au même parlementd’avoir soufflé le diable dans la bouche d t MagdelèncLapalit à Marseille, mais qui l’avoua dans les horreursde la torture , ( moyen sûr de découvrir la vérité. )On cita la fameuse aventure des ursulines de Loudun ,toutes ensorcelées par le curé Grandier. Ce curéGrandier avec ce curé Gaitjsredi avaient été brûlés vifsà la plus grande gloire de Dieu.

II est dit même dans la relation la plus authentiquede ce procès, 8c de la mort affreuse de ce curé Grandier,que le bourreau qui lui administra la question ne lefêlant pas a fier souffrir pour le forcer à se confessersorcier, un révérend père récollet , aussi robuste quezélé , prit la place du questionnaire , 8c enfonça lesinstrumens de la vérité si profondément dans lesjambes du patient , qu’il en fit sortir la moelle. Detout cela l’on conclut qu’il fallait donner la question