300 Du SACRILEGE.
autrement que les autres hommes. Leurs cuisses, leursjambes 8c leurs pieds font nus , leur barbe descend àla ceinture , une corde les ceint ; ils mettent dans leursmanches ce que nous mettons dans nos poches; nousparlons par la bouche , 8c ils parlent par le nez. Lesanciens Bretons qui demeurent à l’occident de la merd’Allemagne , ne croient pas que ces animaux soientdes hommes. II y a même une loi de leur courir fuss’ils abordent dans File. Mais dans les petites villesdu continent dont je vous parle , ils font si révéréscertains j ours de l’année, quand ils son t certaines fonc-tions interdites dans notre pays , qu’il faut fe mettreà genoux quand ils passent deux à deux dans larue.
Or, un jour qu’ils passaient, quelques enfants, quien savaient peut-être trop pour leur âge, négligèrentde s’agenouiller. On prétend même qu’ils montrèrentpeu de respect pour une figure de bois que nous nesouffrons point dans notre république , & qui eneffet par elle-même (si on la distingue de F objetadorable qu’elle représente mal ) ne mérite pasbeaucoup de considération. L’irrévérence de cesenfans envers ce bois ne fut même jamais constatée ;les délateurs n’insistèrent que fur une vieille chansonde corps-de-garde chantée à table. Et cette chansonque personne ne connaît fut qualifiée de crime delese-majesté divine au premier chef.
Ce crime fut jugé par trois magistrats , dont l’unétait Fennemi reconnu des familles de ces enfans ;l’autre un praticien marchand de cochons. J’ignorele troisième.
On ne peut guère concevoir comment ce procès