Disputes d’ecole. 303
des cartes de leurs mains ensanglantées , peut-onconcevoir de tels contrastes ? 8c n’est-on pas fortementtenté de renoncer à la société des hommes !
ARTICLE XI.
De s procès criminels pour des disputes de t école.
L’antiqjjitÉ n’avait jamais imaginé de regarderune dispute entre Xénon 8c Diogène comme l’objetd’un procès criminel. Celui de Socrate fut , aprèstout, la plus douce des barbaries. II n’y eut pointde question ordinaire ou extraordinaire , point deroue de charrette , fur laquelle on pliât les membresd’un citoyen brisés méthodiquement à coups de barrede fer ; point de bûcher enflammé dans lequel onjetât le corps disloqué encore en vie , rien qui res-semble aux inventions des cannibales lettrés dudouzième siècle. Ce fut un vieillard de soixante Scdix ans , qui , opprimé par la cabale de deux hypo-crites , mourut doucement entre les bras de ses amis,en bénissant Dieu , Sc en prouvant Timmortalité delame. Et à peine cette belle ame fut-elle envoléevers ce Dieu qui l’avait formée, que les Athéniens,honteux de leur crime juridiquement commis , con-damnèrent plus juridiquement les accusateurs deSocrate , 8c lui élevèrent un temple. Ainsi la mort dece martyr fut en effet l’apothéose de la philosophie.
Mais comment de la crasse de nos écoles , Sc de lacrasse même du froc , s-eít-il élevé des querelles qui