Band 
Tome vingt-neuvieme.
Seite
307
JPEG-Download
 

Disputes d’ecole. Z07

D’autrcs jésuites n’eurent pas la même hardiesseavec le célébré Fontenelle , qui avait embelli par lesgrâces de son esprit 8c de son style l’érudition profonde,mais peut-être un peu rebutante de Van-Dale , dansson histoire des oracles. II n’était pas possible dedéférer à une cour de judicature un livre si bon 8c sisagement écrit. Ils se contentèrent de solliciter contrehauteur une lettre de cachet qu’ils n’obtinrent pas ;

8c par cette conduite même ils prouvèrent combienil est odieux de ne combattre des raisons que parl’autorité.

Ne vous semble-t-il pas, Messieurs , qu’en fait delivres il ne faut s’adresser aux tribunaux 8c aux sou-verains de l’Etat que lorsque l’Etat est compromisdans ces livres? La loi d’Angleterre fur cette question Sa S e lone mérite -1 - elle pas de servir d’exemple à tous leslégislateurs qui voudront faire jouir fhomme desdroits de l’homme ? voulez-vous parler à tous voscompatriotes , vous ne pouvez parler que par voslivres ; imprimez donc , mais répondez de votreouvrage. S’il est mauvais , on le méprisera ; s’il estdangereux, on y répondra; s’il est criminel, on vouspunira ; s’il est bon , on en profitera tôt ou tard.

«Quand on imprima les Pensées du duc de la Roche-foucauld , ou plutôt la pensée qui , présentée souscent faces différentes, prouve que l’amour-propre estle grand ressort du genre-humain , chacun trouvaqu’il avait raison. Ce qu’on dit de plus fort contrelui, c’est que son livre était le portrait du peintre :mais aucun de ceux qui avaient été ses ennemis dutemps de la fronde , ne fut assez effronté pour s'ex-poser au ridicule de déférer son livre à un tribunal.

V 2