Disputes d’ecole. 3Q9
comme un livre classique, par les foins cl u vertueux,duc de Montaujier , & des favans illustres qui prési-dèrent fous lui à l’éducation de ce prince. Les éditeursn’eurcnt pour objet que la poésie de fauteur & lalatinité. Ils méprisèrent trop son ignorante 8c ridiculephysique, & ses raisonnemens peut-être plus mauvaisencore, pour croire que cette lecture fùt dangereuse.Si des esprits faibles peuvent en être séduits, s’ilsavalent ce poison , f antidote est tout prêt dans lesdémonstrations de Clarke , dans à'Erham , dansNieuwcntit même , dans cent auteurs qui ont oppoléla force irrésistible d’une raison supérieure à la séduc-tion des vers de Lucrèce , lesquels après tout ne fontque des vers. L est ainsi qu’il faut combattre. Brûlezcn cérémonie un exemplaire de Lucrèce , vous n’ygagnerez rien ; le bourreau ne convertira jamaispersonne.
11 était donc nécessaire de réfuter le Syjlème de lanature , si ce mot de réfuter peut s'appliquer à unedéclamation si vague & si verbeuse.
Un jeune homme, élevé long-temps nans la sagecongrégation de f oratoire, entreprit de faire oublierle livre du Syjlème de la nature , par la Philosophie dela nature. II écrivit non-seulement pour prouver unDieu, mais pour le faire aimer , pour s’encouragerlui-même à remercier ce Dieu de la vie qu’il nous adonnée , S: de tous les dons qui raccompagnent,comme pour se résigner dans les malheurs innom-brables qui la traversent. On découvrait évidemmentdans cet écrit une aine honnête & sensible. On sauraitbien mieux aperçue encore, si le public n’avait pasété fatigué dans ce temps-là de tant de livres fur la
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