3i2 Adultéré.
Sc la plus petite, que la violation d’un usage n'ouveau,8c n’est pas un crime par foi-même. Le même juif .qui peut épouser plusieurs femmes en Perse par laloi , 8c en Turquie par connivence, est coupable enItalie , en Allemagne , en Espagne, en France, s’iluse de cet ancien privilège. Ne pourrait-on pas dis-tinguer entre les devoirs universels 8c les devoirslocaux ? Respecter son père , sa mère , les nourrirdans Findigence, payer ses dettes, n’outrager personne,secourir les souffrans autant qu’on le peut; ce sont-làdes devoirs à Siam comme à Rome. N’épouserqu’unefemme , est un devoir local. ( 12 )
L’adultère est un crime chez tous les peuples dela terre ; l’adultère des femmes s’entend , attenduque les hommes ont fait les lois. Ils fe font regardéscomme les propriétaires de leurs épouses ; elles fontleur bien ; l’adultère les leur vole ; il introduit dansles familles des héritiers étrangers. Joignez à cesraisons la cruauté de la jalousie, 8c ne soyez pas étonnéque chez tant de nations, sortant à peine de l’état desauvage , l’esprit de propriété ait décerné la peine demort contre les séducteurs 8c les séduites. Aujour-d’hui lçs mœurs adoucies ne punissent plus avec cette
( 12 ) Dans tout pays on la polygamie n’est point permise , la bigamieest un véritable délit, puisque le bigame commet un faux dans un actepublic. 11 trompe la femme quai épouse la seconde. C'eíl une actiontrès-réfléchie t cette action doit donc être punie ; mais c’est la superstition,e’est ridée d’un sacrilège , de la profanation d’un sacrement , idéeétrangère à Tordre civil, qui a fait établir la peine de mort. C’est encorelà une des barbaries qui tirent leur origine de la théologie. 11 n’y a paslong-tcmps qu’un grave magistrat proposa de faire brûler vive une her-maphrodite qui s'était mariée comme garçon , Sc que les médecinsdéclarèrent être uue femme. Elle avait, disait-il, profané le sacrement demariage.