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Tome vingt-neuvieme.
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Des témoins.

§- I I.

Des témoins.

La seconde preuve est le témoignage. Faut-il quedans tous les cas deux témoins constans, invariablesdans leurs dépositions uniformes,suffisent pour fairecondamner un accusé ? Deux hommes égalementprévenus se trompent si souvent, 8c croient avoir vuce qu’ils n’ont point vu ! surtout quand les espritsfont échauffés, quand un enthousiasme de factionou de religion fascine les yeux.sfreí«T le de N’y eut-il pas dans le procès criminel de Sirven ,en 1762, un médecin 8c un chirurgien catholiqueszélés . qui virent de l’eau dans l'estomac de la fillede ce Sirven ouverte par eux, 8c qui jugèrent queSirven avait noyé fa fille, parce qu’il était protestant,quoique l’eau dans l’estomac eût été une preuve enbonne physique que la fille n’était pas morte noyée.

Une cabale de la populace à Lyon ne vit-elle pas ,en 1772, des jeunes gens porter en dansant 8c enchantant le cadavre dune fille qu’ils venaient devioler 8c d’affaffiner ? Cela ne fut-il pas déposé enjustice d’une voix unanime ? Et cependant les jugesreconnurent enfin solemnellement dans leur sentence,qu’il n’y avait eu ni fille violée, ni cadavre porté, nichant, ni danse.

On se souviendra long-temps de l’innocent gentil-homme Langlade condamné à la torture 8c auxgalères , où il mourut.