Des témoins. 333
Le premier indice du vol dont on osa l’accuser fut Exemple dela déposition de deux domestiques. Ils crurent le voir L!m £ la!lc 'lui 8c fa femme pâlir 8c trembler au premier aspectdu comte de Montgomeri, qui ne soupçonnait pointencore le vol dont il se plaignit depuis. De pareillesméprises ne font que trop communes , 8c elles fonttrop funestes.
Pour ne citer que des exemples connus , Sc au-dessus de tout reproche , rapportons encore l’in-croyable, mais publique aventure de la Pivardière.
M me de Chauvdin , mariée en secondes noces avec lui, Exemple deest accusée de savoir fait assassiner dans son château . la Fwardierc -Deux servantes ont été témoins du meurtre. Sa proprefille a entendu les cris 8c les dernières paroles de sonpère : Mon Dieu , ayez pitié de moi ! Lune des servantesmalade, en danger de mort, atteste Dieu en recevantles sacremens de son Eglise , que sa maîtresse a vutuer son maître. Plusieurs autres témoins ont vu leslinges teints de son sang ; plusieurs ont entendu lecoup de fusil, par lequel on a commencé Fassaffinat.
Sa mort est avérée : cependant il n’y avait eu ni coupde fusil tiré, ni sang répandu , ni personne tué. Lereste est bien plus extraordinaire. La Pivardière revientchez lui; il se présente aux juges de la province quipoursuivaient la vengeance de sa mort. Les juges neveulent pas perdre leur procédure ; ils lui soutiennentqu il est mort, qu’il est un imposteur de se direencore en vie , qu’il doit être puni de mentir ainsi àla justice , que leurs procédures font plus croyablesque lui. Ce procès criminel dure dix-huitmois, avantque ce pauvre gentilhomme puisse obtenir un arrêtcomme quoi il ejl en vie.