Des témoins.
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témoin de plusieurs. Le cœur se flétrit, Sc la maintremble, quand on se rappelle combien d’horreursfont sorties du sein des lois mêmes. Alors on seraittenté de souhaiter que toute loi sût abolie, & qu’iln’y en eût d’autres que la conscience Sc le bon sensdes magistrats. Mais qui nous répondra que cetteconscience & ce bon sens ne s’égarent pas? Ne restera-t-il d’autres ressources que de lever les yeux au ciel,8c de pleurer fur la nature humaine ?
Nous avons vu par les lettres de plusieurs juris-consultes de France, qu’il n’y a point d’année oùquelque tribunal ne fasse périr dans les supplices desmalheureux dont l’innocence est ensuite reconnue Scnon vengée. II faut de l’argent pour demander justiceen révision ; mais les pauvres familles qui la deman-deraient font réduites à saumoné , tandis que dansla capitale trois ou quatre cents mille hommes oisifs,après s’être occupés de convulsions pendant vingt ans,disputent gaiement sur un Vauxhall, sur un opéracomique, sur des doubles croches.
séduire le juge subalterne à qui on avait renvoyé cette affaire , au pointque ce juge crut en tout ces deux misérables, k principalement un cochernommé Gilbert , fameux alois parmi la canaille, 8: regardé dans le peuplecomme le vertueux ennemi de la noblesse. C’est fur les cris de ce séditieux,que le juge osa flétrir un maréchal-de-camp indignement accusé. II dutbien se repentir de son erreur , lorsqu’un an après, ce généreux cocherfut reconnu pour un voleur public, pour un faussaire, 8c puni parlajustice.