De LA DESERTION. 347
exemple à son avènement à la couronne, non surdes scélérats, mais fur des hommes que l’inconstance,la légéreté , ou la débauche , ou la suggestion avaitrendu criminels , en un mot fur les déserteurs.II eut pitié d’eux 8c de la France qui perdait en euxdes défenseurs. II leur remit la peine de mort, 8c leurdonna des facilités de réparer leur faute , en leuraccordant quelques jours pour revenir au drapeau.Et lorsqu’on les punit, c’est par une peine qui lesenchaîne au service de la patrie qu’ils ont abandonnée»Ils font forçats pendant plusieurs années. On doitcette jurisprudence militaire à un ministre militaire,austì éclairé que brave. Uu autre ministre de mêmecaractère avait auparavant tenté de prévenir toutedésertion , en rendant la profession de soldat plushonorable , en leur accordant des distinctions quidevaient leur faire aimer le service , 8c leur faireregarder la désertion comme une lâcheté indigned’eux.
J’ose vous inviter, Messieurs , à chercher pour lescitoyens ce que Louis XVI a trouvé pour les soldats.Je vous demande si on ne pourrait pas diminuer lenombre des délits , en rendant les châtimcns plushonteux 8c moins cruels. Neremarquez-vous pas queles pays où la routine de la loi étale les plus affreuxspectacles, font ceux où les crimes font le plus mul-tipliés ? N’êtes-vous pas persuadés que l’amour del’honneur 8c la crainte de la honte font de meilleursmoralistes que les bourreaux ? Les pays où l’ondonne des prix à la vertu , ne font-ils pas mieuxpolicés que ceux où l’on ne cherche que des prétextesde répandre le sang, 8c d’hériter des coupables ?