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Tome vingt-neuvieme.
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SUR L ESPRIT DES LOIS. 357I V.

Autant que le pouvoir du clergé est dangereux dansune république, autant il est convenable dans une monar-chie, surtout dans celles qui vont au despotisme. Où enseraient l’Espagne 8c le Portugal depuis la perte de leurs lois,fans ce pouvoir qui arrête seul la puissance arbitraire?barrière toujours bonne lorsqu’il n’y en a point d’autre:car, comme le despotisme cause à la nature humaine desmaux effroyables, le mal même qui les limite est unbien.

On volt que dès l’abord Fauteur ne met pas une

respecter que les premiers principes du droit naturel, la religion , les mœurs.

La différence est moins dans la forme de la constitution que dans Topiniondes peuples, qui ont une idée plus ou moins étendue de ce qui constitueles droits de l’homme 8c du citoyen.

Or il est difficile, en admettant cette explication, de deviner pourquoiil faut qu’il y ait dans une monarchie un corps d’hommes jouifiàns deprivilèges héréditaires. Les privilèges font une charge de plus pour lepeuple, un découragement pour tout homme de mérite qui ne fait pointpartie de ce corps. M. de Montesfiuicu pouvait-il croire que dans un payséclairé un homme fans noblesse, mais ayant de Téducalion, n’auraitpasautant de noblesse d'amc, d’horreur pour les bassesses, qu’un gentilhomme ?

Croyait-íl que la connaissance des droits de l’humanité ne donne pasautant de Télévation que celle des prérogatives de la noblesse? Ne vaudrait-ilpas mieux chercher à donner aux âmes des hommes de tous les états plusd’énergie, que de vouloir conserver dans celles des nobles quelques restes del'orgueil de leur ancienne indépendance? Ne ferait-ìl point plus utile aupeuple d’une monarchie, de chercher les moyens d’y établir un ordre plussimple, au lieu d'y conserver soigneusement les restes de l’anarchie.

II est sûr que dans toute monarchie modérée, on les propriétés fontassurées, il y aura des familles qui ayant conservé des richesses, occupédes places, rendu des services pendant plusieurs générations, obtiendrontune considération héréditaire. Mais il y a loin de-Ià à la noblesse, à sesexemptions, à ses prérogatives, aux chapitres nobles, aux tabourets, auxcordons, aux certificats des généalogistes, à toutes ces inventions nuisibles »

ou ridicules dont une monarchie peut lans doute se passer.

LTauteur de cette noie prend la liberté d’assurer ses lecteurs, s’il en a,qu’en plaidant la cause du bonheur du peuple contre !a vanité des nobles ,ce ne font point du tout ses intérêts qu’il défend ici.

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