SUR L ESPRIT DES LOIS. Z6g
J’oserai dire qu’il n’y a point de larcin dans uneville où l’on n’avait nulle propriété, pas même cellede fa femme. Le larcin était le châtiment de ce qu’onappelle le personnel, l’égoïfme. On voulait qu’unenfant pût dérober ce qu'un spartiate s’appropriait ;hiais il fallait que cet enfant fût adroit ; s’il prenaitgrossièrement, il était puni; c’est une éducation deBohème. Au reste nous n’avons point les règlemensde police de Lacédémone; nous n’en avons d’idéeque par quelques lambeaux de Pluiarque, qui vivaitlong-temps après Lycurgut. ( 5 )
XVII.
M. Pcnn est un véritable Lycurgue. (pag. 40.)
Je ne fais rien de plus contraire à Lycurgue qu’unlégislateur & un peuple qui ont toute guerre enhorreur. Je fais des vœux ardens pour que Londresne force point les bons Pensilvaniens à devenirenfin auífi méchans que nous, 8c que les anciensLacédémoniens qui firent le malheur de la Grèce.
XVIII.
Le Paraguai nous en fournit un autre exemple. On avoulu en faire un crime à la société qui regarde le plaisir
( 5 ) L’histoire des Lacédémoniens ne commence à être un peu certaineque vers la guerre de Xerxes; 8t on ne voit alors qu'un peuple intrépideà la vérité , mais féroce S: tyrannique. II est. bien vraisemblable qu’il en estdes beaux siècles de Lacédémone comme des temps de la primitive Eglise,de celui on tous les capucins mouraient en odeur de sainteté , de Paged’or, %ìc. D’aillcurs, il n’y a rien à répondre à la cruauté exercée contreles Ilotes, &: qui remonte à ces beaux siècles. On peut être fort ignorant,avoir beaucoup d’efprit, être tempérant, aimer jufqu’à la fureur fa libertéou l’agrandiíTement de fa république ; 8c cependant être très-mécbant &très*corrompu.
Politique ò Lêgijl. Tome I. A a