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Tome vingt-neuvieme.
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Z82 Commentaire

l’univers avait les yeux fur eux. Toujours de l’esprit;mais ce n’est pas ici fur les lois. (9)

XXX.

EnTurquie on termine promptement toutes les disputes.La manière dont on les finit est indifférente, pourvu qu’onfiniffe. Le bacha d’abord éclairci, fait distribuer, à fa fan-taisie, des coups de bâton aux plaideurs 8c les renvoiechez eux. (pag. 84. )

Cette plaisanterie serait bonne à la comédie ita-lienne. Je ne sais si elle est convenable dans un livrede légistation ; il ne faudrait y chercher que la vérité.II est faux que dans Constantinople un bacha temêle de rendre la justice. C’est comme si on disaitqu’un brigadier, un maréchal de camp fait l’officede lieutenant civil, 8c de lieutenant criminel. Lescadis font les premiers juges ; ils font subordonnésaux cadis - lefquiers, & les cadis-lefquiers au visirAzem, qui juge lui-même avec les visirs du banc.L'empereur est souvent présent à l’audience, cachéderrière une jalousie; 8c le visir Azem dans les causesimportantes, lui demande fa décision par un simplebillet, fur lequel l’empereur décide en deux mots.

( g ) La censure esttrès-bonne en général, pour maintenir dans un peupleles préjugés utiles à ceux qui gouvernent ; pour conserver dans un corpstous les vices qui naissent de l’espritde corps : la censure fut établie à Romepar le sénat, pour contre balancer le pouvoir des tribuns. Elle était uninstrument de tyrannie. On prit les moeurs pour prétexte ; on profita dela haine naturelle du peuple pour les riches. La crainte d’être dégradé parle censeur doit être d’autant plus terrible, qu’on est plus senfible à l’honneur,aux distinctions, aux prérogatives. Des hommes guidés par la vertu riraientdes jugemens des censeurs, & emploiraient leur éloquence à faire abolir cetétablissement ridicule.