SUR L’ESP RIT DES LOIS. Z 8g
XXXVII.
]’ai ouï plusieurs fois déplorer F aveuglement du conseilde François J, qui rebuta Christophe Colomb qui lui proposaitles Indes. En vérité, il fit peut-être par imprudence unechose bien sage. (tome II,pag. 55.)
Je tombe par hasard sur cette autre méprise,plus étonnante encore que les autres. Lorsque Colombofit ses propositions , François I n’était pas né. Colombone prétendait point aller dans l’Inde, mais trouverdes terres fur le chemin de l’Inde , d Occident enOrient. Montesquieu , (bailleurs , se joint ici à la fouledes censeurs, qui comparèrent les rois d’Elpagne,possesseurs des mines du Mexique Sc du Pérou , àMidas périssant cle faim au milieu de son or. Maisje ne fais si Philippe II fut si à plaindre (savoir dequoi acheter FEurope , grâce à ce voyage cleColombo. (11)
XXXVIII.
Un Etat qui en a conquis un autre, qu continue à legouverner selon ses lois, ou il lui en donne de nouvelles,ou il détruit la société & la disperse dans d’autres ; ouenfin, il extermine tous les citoyens. La première manière est
(n) Les conquêtes en Amérique 8c Ics mines du Pérou enrichirentd’abord les rois d’Espagne ; mais les mauvaises lois ont ensuite empêchéPEspagne de profiter des avantages qu’elle eût dû retirer de ses colonies.Montesquieu n’avait aucune connaissance des principes politiques relatifs àla richesse, aux manufactures, aux finances, au commerce- Ces principesn’étaient point encore découverts, ou du moins n'avaient jamais étédéveloppés ; 8c le caractère de son génie ne le rendait pas propre auxrecherches qui exigent une longue méditation , une analyse rigoureuse 8:suivie. II lui eût été aussi impossible de faire le traité des richesses de Smith ,que les principes mathématiques de Newton. Nul homme n’a tous les talens ;ce que ne veulent jamais comprendre ,ni les enthousiastes, ni les panégyristes,
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