SUR L’ESPRIT DES LOIS. 399
II importe peut-être assez peu que Montesquieu sesoit trompé sur la dot qu’on donnait en Grèce auxsœurs qui épousaient leurs frères , 8c qu’il ait prisla coutume de Sparte pour la coutume de Crète.
Qu’il n’ait pas saisi le sens de Suétone fur la loid 'Augu fle, qui défendit qu’on courût nu jusqu’à laceinture avant sage de puberté. Lupercalibus vetuitcurrere imberbes.
Ou’il se soit mépris fur la manière dont la banquede Gènes est gouvernée , 8c lur une loi que Gènessi t publier dans la Corse.
Ou’il ait dit que les lois à Venise défendent le commerceaux nobles vénitiens, tandis que ces lois leur recom-mandent le commerce , 8c que s’ils ne le font plus ,c’est qu’il n’y a plus d’avantage.
Que le gouvernement moscovite cherche à sortir dudespotisme, tandis que ce gouvernement russe est à latête de la finance, des armées, de la magistrature,de la religion ; que les évêques 8c les moines n’ontplus d’esclaves comme autrefois , 8c qu’ils font payéspar une pension du gouvernement. II cherche àdétruire l’anarchie , les prérogatives odieuses desnobles, le pouvoir des grands , 8c non à établirdes corps intermédiaires , à diminuer son autorité.
Qu’il fasse un faux calcul sur le luxe, en disantque le luxe est zéro dans qui n a que le nécessaire, que ledouble du nécessaire est égal à un, Sc que le double decette unité esl trois ; puisqu’en effet on n’a pas tou-jours trois de luxe, pour avoir deux fois plus debien qu’un autre.
Qu’il ait dit que chez les Samnites le jeune hommedéclaré le meilleur prenait la femme qu'il voulait; 8c qu’un