398 CommentaireX L V I.
Lorsque la magistrature japonaise a obligé les femmesde marcher nues à la manière des bêtes, elle a fait frémirla pudeur. Mais lorfqu’elle a voulu contraindre une mère,
lorfqu’elle a voulu contraindre un fils.je ne puis
achever, elle a fait frémir la nature elle-même. ( pag. 222.)
Un seul voyageur presque inconnu , nomméReyergisberí , rapporte cette abomination , qu’on luiraconta d’un magistrat duJapon, & il prétend quece magistrat se divertissait à tourmenter ainsi leschrétiens , auxquels il ne se sait point d’autre mal.Montesquieu se plaît à ces contes ; il ajoute que chezles Orientaux on soumet les filles à des éléphans.II ne dit point chez quels orientaux on donne ccrendez-vous. Mais en vérité, ce n’est-là ni le templede Gnide , ni le congrès de Cythère, ni .l’Efprit deslois.
C’est avec douleur, 8c en contrariant mon propregoût, que je combats ainsi quelques idées d’un philo-sophe citoyen, Sc que je relève quelques-unes de sesméprises. Je ne me serais pas livré , dans ce petitcommentaire , à un travail si rebutant, si je n'avaisété enflammé de l’amour de la vérité , autant queFauteur l’était de l’amour de la gloire. Je fuis engénéral si pénétré des maximes qu’il annonce,plutôt qu’il ne les développe ; je fuis si plein de toutce qu’il dit fur la liberté politique, fur les tributs,fur le despotisme , sur l’esclavage , que je n’ai pasle courage de me joindre aux savans qui ontemployé trois volumes à reprendre des fautes dedétail.