SUR L ESPRIT DES LOIS- 40Z
basque est ausil diftérent d’un lapon qu’un alle-mand lest d’un nègre, 8c qu’un coco l’est d’unenèfle. L est à propos de 1 influence du climat queMontesquieu examine au chapitre XII du livre 14 ,pourquoi les Anglais se tuent si délibérément. C est,dit-il, l'effet d'ttne maladie. II y a apparence que c est undéfaut de JUtralion du suc nerveux. Les Anglais , eneffet, appellent cette maladie spleen , qu’iis pro-noncent spltn , ce mot signifie la rate. Nos damesautrefois étaient malades de la rate. Molière a faitdire à des bouffons :
Veut-on qu’on rabattel.es vapeurs de rateQui nous minent tous ?
Qu’on laiííe Hippocrate ,
Et qu’on vienne à nous.
Nos Parisiennes étaient donc tourmentées de larate, à présent elles font affligées de vapeurs, 8c enaucun cas elles ne fe tuaient. Les Anglais ont lesplln ou la splin , 8c fe tuent par humeur. Ils s’envantent ; car quiconque fe pend à Londres, ou fenoie, ou fe tire un coup de pistolet, est mis dansla gazette.
Depuis la querelle d t Philippe de Valois 8c à'Edouard III,pour la loi falique , les Anglais en ont toujours vouluaux Français; ils leur prirent non-feulement Calais,mais presque tous les mots de leur langue, 8c leursmaladies, 8c leurs modes, 8c prétendirent enfin l’hon-neur exclusif de fe tuer. Mais si l'on voulait rabattrecet orgueil, on leur prouverait que dans la feule
Les