4 o 4 Commentaire
année 1 7 7 4 , on a compté à Paris plus de cinquantepersonnes qui se sont donné la mort. On leur diraitque chaque année il y a douze suicides dans Genèvequi ne contient que vingt mille âmes , tandis queles gazettes ne comptent pas plus de suicides àLondres, qui renferme environ sept cents mille spleenou Jplin.
Les climats n’ont guère changé depuis queRomulus 8c Remns eurent une louve pour nourrice.Cependant, pourquoi, fi vous en exceptez Lucrèce,dont l'histoire n'efì pas bien avérée, aucun Romainde marque n’a-t-il eu une assez forte spleen pourattenter à sa vie? Et pourquoi ensuite, dansl’espacede si peu d’années , Caton d'G tique , Brutus, Cassius,Antoine 8c tant d’autres donnèrent-ils cet exemple aumonde? N’y a-t-il pas quelqu’autve raison que leclimat qui rendît ces suicides si communs ?
Montesquieu dit dans ce chapitre, que le climat del’Inde est si doux que les lois le font aussi. Ces lois ,dit-il, ont donné les neveux aux oncles , les orphelins auxtuteurs , comme on les donne ailleurs à leurs pères. Ils ontréglé la succession par le mérite reconnu du successeur. IIsemble qu'ils ont pensé que chaque citoyen devait se reposersur le bon naturel des autres. Heureux le climat qui faitnaître la candeur des âmes , ò produit la douceur desmœurs !
II est vrai que dans vingt endroits , l’illusireauteur peint le vaste pays de l’Inde 8c tous les paysde P Asie comme des Etats monarchiques ou despo-tiques , dans lesquels tout appartient au maître ,8c où les sujets ne connaissent point la propriété ;de forte que fi le climat produit des citoyens si