SUR LESPRIT DES LOIS. 4«7
s’avifera point cn Egypte de peindre Jupiter armédu tonnerre, puisqu'il y tonne si rarement. On nefigurera point les réprouvés par Temblème des boucsdans une île comme Ithaque, où les chèvïes font laprincipale richesse du pays.
Une religion dont les cérémonies les plus essen-tielles fe feront avec du pain Sc du vin, quelquesublime , quelque divine qu’elle soit, ne réussira pasd’abord dans un pays où le vin Sc le froment fontinconnus.
La croyance, qui constitue proprement la religion,est d'une nature toute différente. Elle dépendit chezles gentils uniquement de l’éducation. Les en fanstroyens surent élevés dans la persuasion qu 'ApollonSc Neptune avaient bâti les murs de Troye , Sc lesen fan s athéniens bien appris ne doutaient pas queMinerve ne leur eût donné des olives. Les Romains ,les Carthaginois eurent une autre mythologie.Chaque peuple eut la sienne.
Je ne puis croire à la faiblesse d’organes queMontejquieu attribue aux peuples du Midi, Sc à cettepareíle d’efprit qui fait, selon lui, que les lois, lesmœurs ù les manières font aujourd'hui en Orient commeelles étaient il y a mille ans. Montejquieu dit toujours queles lois forment les manières. J’aurais dit les usages.Mais il me semble que les maniérés du christianismedétruisirent depuis Conjlantin les manières de laSyrie , de l’Asie mineure Sc de l’Egvpte ; que lesmanières un peu brutales de Mahomet chassèrent lesbelles manières des anciens Perses , Sc même lesnôtres. Les Turcs font venus ensuite qui ont tout
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