SUR l’esprit des lois. 4°9
croupissent encore tant de cultivateurs, gémiffansfous des commis pour prix de nourrir des hommesleurs frères.
Je veux me joindre à ce défenseur de la naturehumaine , 8c j’ose m’adreíser , à qui ? au roi deFrance lui-même, quoique je fois un étranger. Unpeiíàn 8c un indien des îles molucques vinrentdemander justice à Louis XIV 8c sobtinrent. Pour-quoi ne la demanderai-je pas à Louis XVI? Je mejette de loin à ses pieds , 8c jc lui dis :
Pctit-fils de S 1 Louis, achevez Touvrage de votrepère. Je ne vous implore pas pour que vous alliezdébarquer à Joppé , fur le rivage où l’on ditqu 'Andromède fut exposée à un monstre marin , 8c queJonas fut avalé par un autre ; je ne vous conjurepas de quitter votre royaume de France pour allervenger le baron de Lìjignan , que le grand Saladinchassa autrefois de son petit royaume de Jérusalem ,8c pour délivrer quelques descendans inconnus denos insensés croisés, lesquels descendans pourraientavoir hérité des fers de leurs ancêtres, 8c servir desmusulmans dans l’Arabie ou dans l’Egypte ; maisje vous conjure de délivrer plus de cent mille devos fidelles sujets qui font chez vous esclaves desmoines. 11 est difficile de comprendre comment dessaints qui ont fait vœu d’humilité, d’obéiíïance Scde chasteté, ont cependant des royaumes dans votreroyaume, 8c commandent à des esclaves qu’ilsappel-lent leurs main-mortables.
Dom Titrier fit vers le milieu du quatorzièmesiècle des titres authentiques signés de tous les rois8c de tous les empereurs des siècles précédens, par