SUR LES P RI T DES LOIS. 42 I
trois enfans dont le plus âgé avait à peine dix ans ;Clodomir leur père leur avait laissé la provinced’Orléans à partager selon l’usage. Clotaire ne secontenta pas d'épouser la veuve de son frère, il vouluts’emparer du bien de ses neveux. Son frère Childebcrts’unit avec lui dans cette entreprise , ils s’accordèrentà partager le petit Etat d’Orléans. La veuve de Clovis,qui élevait ses petits-ensans, s’opposa à cette injustice.Clotaire 8c Childebcrt se saisirent des trois enfans dontils devaient être les protecteurs. Ils envoyèrent à leurgrand’mère une paire de ciseaux 8c un poignard , parun auvergnat nommé Arcadius. II faut, lui dit cedéputé, choisir entre l’un 8c l’autre. Voulez-vous queces ciseaux coupent les cheveux de vos petits-fìls, ouque ce poignard les égorge ?
L’usage était alors de regarder comme ensevelisdans le monachisme , les enfans qu’on avait tondus.Des ciseaux tenaient lieu des trois vœux. Clotildedans fa colère répondit : J’aime mieux les voir mortsque moines. Clotaire Sc Childebcrt n’exécutèrent quetrop à la lettre ce que la reine avait prononcé dansl’excès de fa douleur. On croit que ce fut dans unemaison où est actuellement l’église des Barnabites àParis que ce crime fut commis. Clotaire perça d’abordl’aîné d’un coup d’épée, 8c le jeta mort à ses pieds.Le puiné attendrit un moment Childebcrt par ses cris8c par ses larmes. Childebcrt se laissa toucher; Clotaireinflexible arracha l’enfant des bras de son frère , 8c lerenversa sur son aîné expirant. Le troisième fut sauvépar un domestique. II prit, quand il put se connaître,le parti que sa grand’mère avait refusé ; il se fitmoine; on le déclara saint après fa mort, afin au’il y
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