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Tome vingt-neuvieme.
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des Ephemerides, 441

annoncerait le jugement dernier, il n’y avait d’autrcmoyen que d’abandonner à des moines une partiedes terres conquises. Ces bourgraves , ces châtelainsne savaient que donner un coup de lance du hautde leurs chevaux à un homme à pied ; 8c quelquesmoines savaient lire 8c écrire. Ceux-ci dressèrent lesactes de donation; 8c quand ils en manquèrent, ilsen forgèrent.

Cette falsification est aujourd’hui si avérée, quede mille chartes anciennes que les moines produisent,on en trouve à peine cent de véritables. Montjaucon ,moine lui-même, l’avouait, 8c il ajoutait qu’il nerépondait pas de l’authenticité de cent bonneschartes. Mais soit vraies, soit fausses, ils eurenttoujours Fadresse d’insérer dans les donations laclause de mixíum ò merum imperium, ò homines Jeruos.

Ils se mirent donc aux droits des conquérans. AgriculteursDe-là vint qu’en Allemagne tant de prieurs, de moines *[ cla q v '; ’

devinrent princes, 8c qu’en France ils furent seigneurs horrible, cs-suzerains, ce qui ne s’accordait pas trop avec leur fvœu de pauvreté. II y a même encore en Francedes provinces entières où les cultivateurs font esclavesd’un couvent. Le père de famille qui meurt fansenfans n’a d’autres héritiers que les bernardins, oules prémontrés, ou les chartreux, dont il a été serfpendant sa vie. Un fils qui n’habiie pas la maisonpaternelle à la mort de son père, volt passer toutson héritage aux mains des moines. Une fille quis’étant mariée n’a pas passé la nuit de ses nocesdans le logis de son père, est chassée de cette maison,

8c demande en vain saumoné à ces mêmes religieuxà la porte de la maison où elle est née. Si un serf