des Ephemerides. 453
main de peur de la disette. Nous allons égorger dansParis tous les boulangers pour le maintien des loisfondamentales du royaume. Voulez-vous être de lapartie?
Nous le remerciâmes cordialement, 8c nous prîmesun autre chemin dans notre charrette pour aller voirle roi.
En passant par Paris, nous fûmes témoins de toutesles horreurs que commit cette horde de vengeurs deslois fondamentales. Ils étaient tous ivres, 8c criaientd’ailleurs qu’ils mouraient de faim. Nous vîmes àVersailles passer le roi 8c la famille royale. C’eíl ungrand plaisir ; mais nous ne pûmes avoir la conso-lation d’envisager hauteur de notre cher édit du 13septembre. Le gardien de sa porte m’empêchad’entrer.Je crois que c’est un fuisse. Je me serais battu contrelui fi je m’étais senti le plus fort. Un gros hommequi portait des papiers me dit : Allez, retournez chezvous avec confiance, votre homme ne peut vous voir ;il a la goutte, il ne reçoit pas même Ion médecin,8c il travaille pour vous.
Nous partîmes donc mon compagnon 8c moi, 8cnous revînmes cultiver nos champs ; ce qui est, ànotre avis, la feule manière de prévenir la famine.
Nous retrouvâmes fur notre route quelques-unsde ces automates grossiers à qui on avait persuadé depiller Pontoise, C hantilli,Corbeil, Versailles 8c mêmeParis. Je in adressai à un homme de la troupe qui meparaissait repentant. Je lui demandai quel démon lesavait conduits à cette horrible extravagance? Hélas!Monsieur, je ne puis répondre que de mon village.
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