452 Diatribe a l auteur
a de campagne avec ses vaches grasses. Je veuxî 5 essayer de rendre mon peuple libre 8c heureuxj 5 pour voir comment cela fera. ,,
Cet apologue frappa toute la compagnie. Le pro-cureur-fifcal alla procéder ailleurs ; 8c nous partîmesle bon-homme 8c moi dans ma charrette qu’on appelaitcarrosse, pour aller au plus vîte voir le roi.
Pillages au Quand nous approchâmes de Pontoife , nous
commence- ^ ^ ^ # .
ment de mai fûmes tout étonnés de voir environ dix a quinze
I 775 ‘ mille paysans qui couraient comme des fous en hur-
lant, 8c qui criaient: Les blés, les marchés, les marchés,les blés. Nous remarquâmes qu’ils s’arrêtaient à chaquemoulin , qu’ils le démolissaient en un moment, 8cqu’ils jetaient blé, farine 8c son dans la rivière. J’en-tendis un petit prêtre qui avec une voix de Stentor ,leur disait: Saccageons tout , mes amis, Dieu leveut; détruisons toutes les farines pour avoir de quoimansrer.
Jem’approchaidecethomme; je lui dis : Monsieur,vous me paraissez échauffé , voudriez-vous me fairel’honneur de vous rafraîchir dans ma charrette ? j’aide bon vin. 11 ne fe fit pas prier. Mes amis, dit-il,je fuis habitué de paroisse. Quelques-uns de mesconfrères 8c moi nous conduisons ce cher peuple.Nous avons reçu de l’argent pour cette bonne œuvre. ( i )Nous jetons tout le blé qui nous tombe fous la
( i ) U est très-vrai que dans les émeutes de i 7 7 5 , les séditieux avaientplus d’argent que les hommes de leur état n’en ont ordinairement ; qu’ilsétaient plus occupés de détruire les subsistances ou de voler, que de feprocurer un morceau de pain ; qu’on employa pour les ameuter deslettres , de faux arrêts du conseil, Scc. Les prêtres s’cn mêlèrent très-peu ;quelques-uns mêmes furent très-utiles, 8c la religion n’y entra pour rien.