Band 
Tome trente-septieme.
Seite
33
JPEG-Download
 

Abbaye. 33

J’eus l’honneur de lui répondre fur le champ :j» Mon cher monsieur, il y avait autrefois un jeune1 s homme à qui on proposait d’épouser une femme de,» soixante ans, qui lui donnerait tout son bien par» 5 testament : il répondit qu’elle n’était pas assez vieille.,,L’allemand entendit mon énigme.

II faut savoir qu’en 1575 (n) on proposa dans leconseil de Henri III roi de France, de faire ériger encommendes séculières toutes les abbayes de moines,& de donner les commendes aux officiers de fa cour& de son armée : mais comme il fut depuis excom-munié 8c assassiné , ce projet n eut pas lieu.

Le comte d 'Argenson , ministre de la guerre, vouluten 1750 établir des pensions fur les bénéfices enfaveur des chevaliers de l’ordre militaire de S 1 Louis ;rien n’était plus simple , plus juste , plus utile : il n’enput venir à bout. Cependant fous Louis XIV , la prin-cesse de Conti avait possédé T abbaye de S £ Denis. Avantson règne les séculiers possédaient des bénéfices, leduc de Sulli huguenot avait une abbaye.

Le père de Hugues-Capet n’était riche que par sesabbayes , & on T appelait Hugues l'abbè. Òn donnaitdes abbayes aux reines pour leurs menus plaisirs.Ogine, mère de Louis d'Outremer , quitta son fils parcequ’il lui avait ôté T abbaye de S te Marie de Laon pourla donner à fa femme Gerberge. II y a des exemplesde tout. Chacun tâche de faire servir les usages , lesinnovations , les lois anciennes abrogées , renouvelées,mitigées, les chartres ou vraies ou supposées, le passé ,le présent , T avenir , à s’emparer des biens de ce

(w) Chopin , de Jacrâ poliliâ , lib. VI.

- Diâìonn. philojoph . Tome I. C