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Abbaye.
Tous ces titres seraient peu de chose, s’ils n’étaient< soutenus par des richesses immenses.
Je reçus, il n’y a pas long-temps, une lettre d’unde mes correspondans d’Allemagne ; la lettre commencepar ces mots : 55 Les abbés princes de Kemptem ,55 Elvangen, Eudertl, Murbach, Berglcsgaden . Vis-" sembourg , Prum, Stablo , Corvey, 8 c les autres55 abbés qui ne font pas princes , jouissent ensemble55 d’environ neuf cents mille florins de revenu , qui55 font deux millions cinquante mille livres de votre55 France au cours de ce jour. De-là je conclus que5? Jesus-Christ n’était pas si à son aise queux. ,,
Je lui répondis : a Monsieur, vous m’avouerez quea les Français font plus pieux que les Allemands dansa la proportion de quatre & seize quarante-unièmes àì ì 1 unité; car nos seuls bénéfices consistoriaux de moines,ì ì c’est-à-dire ceux qui payent des annates au pape,a se montent à neuf millions de rente , à quarante-ì ì neuf livres dix fous le marc avec le remède ; 8 c neufì ì millions font à deux millions cinquante mille livresa comme un est à quatre 8 c seize quarante-unièmes.a De-là je conclus qu’ils ne font pas assez riches , 8 ca qu’il faudrait qu’ils en eussent dix fois davantage.a J’ai l’honneur d’être 8 cc. 55
II me répliqua par cette courte lettre : a Mon chera monsieur , je ne vous entends point ; vous trouveza fans doute avec moi que neuf millions de votrea monnaie font un peu trop pour ceux qui font vœua de pauvreté; Sc vous souhaitez qu’ils en aient qua-ìì tre-vingt-dix ! je vous supplie de vouloir bien m’ex-55 pliquer cette énigme. 55
J’eus