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Tome trente-septieme.
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Abbé. 35

n’accumulerons-nous pas des biens 8c des honneurs ?pourquoi ne serons-nous pas princes ? les évêques leíont bien. Ils étaient originairement pauvres commenous , ils se sont enrichis , ils se sont élevés ; l’und’eux est devenu supérieur aux rois : laissez-nous lesimiter autant que nous pourrons.

Vous avez raison , Messieurs , envahissez la terre ;elle appartient au fort ou à l’habile qui s’en empare ;vous avez profité des temps d’ignorance , de supersti-tion , de démence pour nous dépouiller de nos héri-tages 8c pour nous fouler à vos pieds , pour vousengraisser de la substance des malheureux : tremblezque le jour de la raison n’arrive.

ABEILLES.

L»e s abeilles peuvent paraître supérieures à la racehumaine , en ce quelles produisent de leur substanceune substance utile , & que de toutes nos sécrétions iln'v en a pas une feule qui soit bonne à rien , pas unefeule ipêmequi ne rende le genre-humain désagréable.

Ce qui m’a charmé dans les essaims qui sortent dela ruche , c’est qu’ils sont beaucoup plus doux quenos enfans qui sortent du collège. Les jeunes abeillesalors ne piquent personne , du moins rarement 8cdans des cas extraordinaires. Elles se laissent prendre ,on les porte la main nue paisiblement dans la ruchequi leur est destinée ; mais des quelles ont apprisdans leur nouvelle maison à connaître leurs intérêts,elles deviennent semblables à nous, elles sont laguerre. J’ai vu des abeilles très-tranquilles aller pen-dant fix mois travailler dans un pré voisin couvert defleurs qui leur convenaient. On vint faucher le pré ,

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