66 Abus des mots.
les baillis 8c les prévôts du royaume à lire les décré-tais pour ne jamais les suivre.
Cette grande assemblée ne servit à rien ; le roicroyait avoir besoin alors de ménager le pape né dansson royaume, siégeant dans Avignon, 8c ennemi mor-tel de l'empereur Louis de Bavière. La politique danstous les temps conserva les abus dont se plaignait lajustice. II resta seulement dans le parlement unemémoire ineffaçable du discours de Pierre Cugnières.Ce tribunal s’affermit dans l’usage où il était déjà des’opposer aux prétentions cléricales ; on appela tou-jours des sentences des officiaux au parlement, 8c peuà peu cette procédure fut appelée Appel comme d'abus.
Enfin tous les parlemens du royaume se font accor-dés à laisser à l’Eglise sa discipline , 8c à juger tous leshommes indistinctement suivant les lois de l’Etat, enconservant les formalités prescrites par les ordon-nances.
ABUS DES MOTS.
T i e s livres, comme les conversations, nous donnentrarement des idées précises. Rien n’est si communque de lire 8c de converser inutilement.
11 faut répéter ici ce que Locke a tant recommandé,dèfinijsez les termes.
Une dame a trop mangé 8c n’a point sait d’exercice,elle est malade ; son médecin lui apprend qu’il y adans elle une humeur peccante , des impuretés , desobstructions , des vapeurs , 8c lui prescrit une droguequi purifiera son sang. Ouelle idée nette peuvent,donner tous ces mots ? la malade 8c les parens qui