Adam. 75
Orl’historien Josephe avoue dans sa réponse à Appionque les Juifs n’avaient eu long-temps aucun commerceavec les autres nations. JVous habitons, dit-il, un payséloigné de la nier ; nous ne nous appliquons point av com-merce; nous ne communiquons point avec les autres peuples...T a4-il sujet de détonner que notre nation habitant Ji loinde la mer , ù asfeBant de ne rien écrire , ait été Ji peuconnue ? ( a )
On demandera ici comment Josephe pouvait direque sa nation affectait de ne rien écrire lorsqu elle avaitvingt-deux livres canoniques, fans compter le Targumd'Onkelos. Mais il faut considérer que vingt-deuxvolumes très-petits étaient fort peu de chose en com-paraison de la multitude des livres conservés dans labibliothèque d’Alexandrie , dont la moitié fut brûléedans la guerre de César.
II est constant que les Juifs avaient très-peu écrit,très-peu lu ; qu’ils étaient profondément ignorans enastronomie , en géométrie , en géographie , en phy-sique ; qu’ils ne savaient rien de l’histoire des autrespeuples, & qu’ils ne commencèrent enfin à s’instruireque dans Alexandrie. Leur langue était un mélangebarbare d’ancien phénicien 8c de chaldéen corrompu.Elle était si pauvre qu’illeur manquait plusieurs modesdans la conjugaison de leurs verbes.
De plus ne communiquant à aucun étranger leurslivres ni leurs titres, personne sur la terre, excepté eux,
(a) Les Juifs étaient trcs-connus des Perses, puisqu’ils furent dispersésdans leur empire, ensuite des Egyptiens, puisqu’ils firent tout le commerced’Alexandrie ; des Romains, puií'qu’ils avaient des synagogues à Rome.Mais étant au milieu des nations, ils en surent toujours séparés par leurinstitution. 11s ne mangeaient point avec les étrangers, §t ne communi-quèrent leurs livres que très-tard.