Adorer. 87
nos frères qui s’égarent. Loin de nous tout esprit depersécution qui ne servirait qu à les rendre irréconci-liables.
Un Dieu unique étant adoré fur toute la terre con-nue , faut-il que ceux qui le reconnaissent pour leurpère, lui donnent toujours le spectacle de ses enfansqui fe détestent, qui s’anathémadfent , qui fe pour-suivent , qui fe massacrent pour des argumens ?
II n’est pas aisé d’expliquer au juste ce que les Grecs& les Romains entendaient par adorer ; si l’on adoraitles faunes, les sylvains, les dryades, les naïades commeon adorait les douze grands dieux. II n’est pas vrai-semblable qu 'Antinous , le mignon d'Adrien , fût adorépar les nouveaux Egyptiens du même culte que Sèrapis ;Sc il est assez prouvé que les anciens Egyptiens n’ado-raient pas les oignons 8c les crocodiles de la mêmefaçon qu 'Isis 8c Osiris. On trouve l’équivoquepar-tout,elle confond tout. II faut à chaque mot dire : Qu’en-tendez-vous P II faut toujours répéter : Définissez lestermes. ( * )
Est-il bien vrai que Simon qu’on appelle le magicien,fut adoré chez les Romains ? il est bien plus vrai qu’ily fut absolument ignoré.
S 1 JuJlin , dans son Apologie aussi inconnue à Romeque ce Simon , dit que ce dieu avait une statue élevéefur le Tibre, ou plutôt près du Tibre, entre les deuxponts , avec cette inscription , Simoni deo fanclo.S‘ Irénée , Tertullien attestent la même chose : mais àqui l’attestent-ils ? à des gens qui n’avaient jamais vuRome , à des Africains , à des Allobroges , à desSyriens, à quelques habitans de Sichem. Ils n’avaient
( * ) Vovcz l’article Alexandre.
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