Adultéré. 91
C’est ainsi qu’ils nommèrent par antiphrase coccyx ,coucou, le pauvre mari chez qui un étranger venaitpondre. Pline le naturalijle dit: (a) Coccyx ova Jubdit mnidis alienis ; ila plerique aliénas itxores Jaciunt matres.Le coucou dépose ses œufs dans le nid des autresoiseaux ; ainsi force Romains rendent mères les femmesde leurs amis. La comparaison n’est pas trop juste.Coxis signifiant un coucou, nous en avons fait cocu.Que de choses on doit aux Romains ! mais comme onaltère le sens de tous les mots ! le cocu , suivant labonne grammaire , devrait être le galant ; 8c c’est lemari. Voyez la chanson de Scaron. ( b )
Quelques doctes ont prétendu que c’est aux Grecsque nous sommes redevables de l’emblème des cornes ;8c qu’ils désignaient par le titre de bouc, aix , (*)l’époux dune femme lascive comme une chèvre. Eneffet ils appelaient fils de chèvre les bâtards que notrecanaille appelle Jils de putain. Mais ceux qui veulents’instruire à fond doivent savoir que nos cornesviennent des cornettes des dames. Un mari qui selaissait tromper 8c gouverner par son insolente femme,était réputé porteur de cornes > cornu , cornard , parles bons bourgeois. C’est par cette raison que cocu ,cornard, 8c sot étaient synonymes. Dans une de noscomédies on trouve ce vers :
Elle? elle n’en fera qu’un sot, je vous assure.
(-) L. X, ch. IX.
(i) Tous les jours une chaise
Me coûte un écu ,
Pour porter à l’aiseVotre chien de cu ,
A. moi pauvre cocu.
(*) Voyez l’artide Bouc.