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Tome trente-septieme.
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17 8 Alouette.

admises : mais quand un professeur arabe veut abso-lument qa aloyau vienne de l’arabe , il est difficile dele croire. C’est une maladie chez plusieurs étymolo-gistes , de vouloir persuader que la plupart des motsgaulois font pris de Ihébreu ; il n’y a guère d’appa-rence que les voisins de la Loire 8c de la Seine voya-geassent beaucoup dans les anciens temps chez leshabitans de Sichem 8c deGalgala, qui n aimaient pasles étrangers ; ni que les J u ifs le fussent habitués dans1’Auvergne 8c dans le Limousin , à moins qu’on neprétende que les dix tribus dispersées 8c perdues nesoient venues nous enseigner leur langue.

Ouelle énorme perte de temps , 8c quel excès deridicule, de trouver l’origine de nos termes les pluscommuns 8c les plus nécessaires , dans le phénicien 8cle chaldéen! Un homme s’imagine que notre mot dômevient du samaritain dama , qui signifie, dìt-on,meilleur.Un autre rêveur assure que le mot badin est pris d’unterme hébreu qui signifie astrologue ; 8c le dictionnairede Trévoux ne manque pas de faire honneur de cettedécouverte à son auteur.

N’est-il pas plaisant de prétendre que le mot habi-tation vient du mot belh hébreu ? Que kir en bas-bretonsignifiait autrefois ville ? Que le même kir en hébreuvoulait dire un mur ; 8c que par conséquent lesHébreux ont donné le nom de ville aux premiershameaux des Bas-Bretons ? Ce serait un plaisir de voirles étymologistes aller fouiller dans les ruines de laTour de Babel , pour y trouver l’ancien langage cel-tique , gaulois 8c toscan, si la perte d’un temps consumési misérablement n’inspirait pas la pitié.