Amazones. i 8 >
à cote du vaillant Sergiabil ; Aban tombe , Sc expire,la nouvelle en vole à sa jeune épouse qui n’était unieà lui que depuis quelques jours. Elle ne pleure point,elle ne jette point de cris ; mais elle court fur le champde bataille , le carquois fur l’épaule Sc deux flèchesdans les mains ; de la première qu’elle tire elle jettepar terre le porte-étendard des chrétiens ; les Arabess’en saisissent en criant allah achar ; de la seconde elleperce un œil de Tiiomas qui se retire tout sanglant dansla ville.
L’histoire arabe ess pleine de ces exemples ; maiselle ne dit point que ces femmes guerrières se brûlassentle teton droit pour mieux tirer de Tare, encore moinsqu’elles vécussent fans hommes ; au contraire elless’exposaient dans les combats pour leurs maris ou pourleurs amans , 8e de cela même on doit conclure queloin de faire des reproches à YArioJle 8c au Tajfe d’avoirintroduit tant d’amantes guerrières dans leurs poèmes,on doit les louer d’avoir peint des mœurs vraies 8cintéressantes.
II y eut en effet, du temps de la folie des croisades,des femmes chrétiennes qui partagèrent avec leursmaris les fatigues 8c les dangers : cet enthousiasme futporté au point que les Génoises entreprirent de secroiser , 8c d aller former en Palestine des bataillonsde juppes 8c de cornettes ; elles en firent un vœudont elles furent relevées par un pape plus sagequ’elles.
Marguerite d'Anjou , femme de l’infortuné Henri VIroi d’Angleterre, donna dans une guerre plus juste desmarques d une valeur héroïque ; elle combattit elle-même dans dix batailles pour délivrer son mari.
M 3