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Tome trente-septieme.
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184 Ame.

au •ari'êCíjU.a des Grecs , au terme dont se sont servitoutes les nations pour exprimer ce qu’elles n’enten-daient pas mieux que nous.

Dans le sens propre 8c littéral du latin 8c des languesqui en font dérivées il signifie ce qui anime. Ainsi on adit : L’ame des hommes, des animaux , quelquefoisdes plantes, pour signifier leur principe de végétation8c de vie. On n’a jamais eu , en prononçant ce mot ,qu’une idée confuse . comme lorsqu’il est dit dans laGenèse : Dieu Joujjla au visage de f homme un souffle devie , ér il devint ame vivante ; 8c l'ame des animaux ejldans le sang ; 8c ne tuez point mon ame 8cc.

Ainsi l’ame était prise en général pour l’originc 8cla cause de la vie , pour la vie même. L est pourquoitoutes les nations connues imaginèrent long-tempsque tout mourait avec le corps. Si l’on peut démêlerquelque chose dans le chaos des histoires anciennes ,il semble qu’au moins les Egyptiens furent les pre-miers qui distinguèrent l’intelligence 8c l’ame ; 8c lesGrecs apprirent d’eux à distinguer auflì leurs nous 8cleur pncuma. Les Latins,à leur exemple, distinguèrentanimus 8c anima ; 8c nous enfin , nous avons auísi eunotre ame 8c notre entendement ; mais ce qui est leprincipe de notre vie , ce qui est le principe de nospensées , sont-ce deux choses différentes ? est-ce lemême être ? Ce qui nous fait digérer 8c ce qui nousdonne des sensations 8c de la mémoire, ressemble-1-ila ce qui est dans les animaux la cause de la digestion8c la cause de leurs sensations 8c de leur mémoire ?

Voilà l’éternel objet des disputes des hommes ; jedis l’éternel objet ; car n’ayant point de notion pri-mitive dont nous puissions descendre dans cet examen,