Band 
Tome trente-septieme.
Seite
185
JPEG-Download
 

Ame. i 85

nous ne pouvons que rester à jamais dans un laby-rinthe de doutes 8c de faibles conjectures.

Nous n’avons pas le moindre degré où nous puis-sions poser le pied pour arriver à la plus légère con-naissance de ce qui nous fait vivre 8c de ce qui nousfait penser. Comment en aurions-nous ? il faudraitavoir vu la vie 8c la pensée entrer dans un corps. Unpère fait il comment il a produit son fils ? une mèrelait-elle comment elle la conçu ? Quelqu’un a-t-iljamais pu deviner comment il agit, comment il veille8c comment il dort ? Quelqu’un sait-il comment sesmembres obéissent à fa volonté ? a-t-il découvert parquel art des idées fe tracent dans son cerveau 8c ensortent à son commandement? Faibles automates, muspar la main invisible qui nous dirige fur cette scènedu monde , qui de nous a pu apercevoir le fil quinous conduit ?

Nous osons mettre en question si l ame intelligenteest esprit ou matière ; si elle est créée avant nous , sielle fort du néant dans notre naissance, si après nousavoir animés un jour fur la terre, elle vit après nousdans l’éternité. Ces questions paraissent sublimes : quesont-elles ? des questions d’aveugles qui disent àd’autres aveugles : Qu’est-ce que la lumière ?

Quand nous voulons connaître grossièrement unmorceau de métal , nous le mettons au feu dans uncreuset. Mais avons-nous un creuset pour y mettrel ame ? Elle est esprit , dit l’un. Mais qu’est-ce qu’ef-prit ? personne assurément n’en sait rien ; c’est un motsi vide de sens qu’on est obligé de dire ce que 1 espritn’estpas, ne pouvant dire ce qu’ilest. L’ameest matière,dit l’autre. Mais qu’est-ce que matière? nous n’en