Ame. 187
aient cru l’ame corporelle ? Qu’importe que Terlullien,par une contradiction qui lui est familière , ait décidéqu elle est à la fois corporelle , figurée 8c simple ? Nousavons mille témoignages d’ignorance , 8c pas un quinous donne une lueur de vraisemblance.
Comment donc sommes-nous assez hardis pouraffirmer ce que c est que l’ame ? Nous savons certai-nement que nous existons, que nous sentons , quenous pensons. Voulons-nous faire un pas au-delà ?nous tombons dans un abyme de ténèbres ; 8c danscet abyme nous avons encore la folle témérité de dis-puter si cette ame, dont nous n’avons pas la moindreidée , est faite avant nous ou avec nous, 8c si elle estpérissable ou immortelle ?
L’article Ame Sc tous les articles qui tiennent àla métaphysique doivent commencer par une soumis-sion sincère aux dogmes indubitables de l’Eglise. Larévélation vaut mieux sans doute que toute la phi-losophie. Les systèmes exercent f esprit ; mais la foif éclaire 8c le guide.
Ne prononce-t-on pas souvent des mots dont nousn’avons qu’une idée très-confuse , ou même dont nousn’en avons aucune ? Le mot d 'ame n’est-il pas dansce cas ? Lorsque la languette ou la soupape d’un souf-flet est dérangée , 8c que fair qui est entré dans lacapacité du soufflet en fort par quelque ouverturesurvenue à cette soupape , qu’il n’est plus comprimécontre les deux palettes, 8c qu’il n’est pas poussé avecviolence vers le foyer qu’il doit allumer, les servantesdisent: J.'ame du Joujjlet ejl crevée. Elles n’en savent pasdavantage ; 8c cette question ne trouble point leurtranquillité.