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Tome trente-septieme.
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A M E.

j’ai pris toutes ces épithètes pour des sobriquets. Jen’ai vu dans tous les philosophes qui ont parlé dehaine humaine , que des aveugles pleins de téméritéSc de babil, qui s’efforcent de persuader qu’ils ontune vue d’aigle , 8c d’autres curieux 8c fous qui lescroient fur leur parole, 8c qui s’imaginent auffi de voirquelque chose.

Je ne feindrai point de mettre au rang de ces maîtresd’erreurs, Dejcarles 8c Malkbranche. Le premier nousassure que l’ame de l’homme est une substance dontl’essence est de penser , qui pense toujours , 8c quis occupe dans le ventre de la mère de belles idéesmétaphysiques 8c de beaux axiomes généraux qu’elleoublie ensuite.

Pour le père Malkbranche , il est bien persuadé quenous voyons tout en Dieu ; il a trouvé des partisans;parce que les fables les plus hardies sont celles quisont le mieux reçues de la faible imagination deshommes. Plusieurs philosophes ont donc fait le romande l’arne ; enfin c’est un sage qui en a écrit modeste-ment shistoire. Je vais faire s abrégé de cette histoire,selon que je l’ai conçue. Je sais fort bien que tout lemonde ne conviendra pas des idées de Locke : ilse pourrait bien faire que Locke eût raison contreDescartes 8c Malkbranche , 8c qu’il eût tort contre lasorbonne ; je parle selon les lumières de la philosophie,non selon les révélations de la soi.

II ne m’appartient quë de penser humainement : lesthéologiens décident divinement, c’est toute autrechose. La raison 8c la foi sont de nature contraire : enun mot , voici un petit précis de Locke que jecensurerais si j’étais théologien, 8c que j’adopte pour