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Tome trente-septieme.
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Ame. 213

un moment comme hypothèse , comme conjecture desimple philosophie. Humainement parlant, il s’agit desavoir ce que c’est que l ame.

1 °. Le mot d ame est de ces mots que chacun pro-nonce fans f en tendre : nous n’entendons que leschoses dont nous avons une idée ; nous n’avons pointd’idée d ame , d’esprit ; donc nous ne l’entendonspoint.

2 0 . II nous a donc plu d’appeler ame cette facultéde sentir 8c de penser , comme nous appelons vie lafaculté de vivre , 8c volonté la faculté de vouloir.

Des raisonneurs font venus ensuite , 8c ont dit :L’hommc est composé de matière 8c d’esprit ; lamatière est étendue 8cdivisible; l’espritn’est ni étenduni divisible; donc il est, disent-ils,d’une autre nature.C’est un assemblage d’êtrcs qui ne font point faits l’unpour f autre , 8c que Dieu unit malgré leur nature.Nous voyons peu le corps, nous ne voyons pointl ame; elle n’a point de parties ; donc elle est éter-nelle : elle a des idées pures 8c spirituelles ; donc ellene les reçoit point de la matière : elle ne les reçoitpoint non plus d’elle-même; donc Dieu les luidonne; donc elle apporte en naissant les idées de Dieu,de f infini, 8c toutes les idées générales.

Toujours humainement parlant, je réponds à cesmessieurs qu’ils font bien savans. Ils nous disent d’abordqu’il y a une ame , 8c puis ce que ce doit être. Usprononcent le nom de matière , 8c décident ensuitenettement ce quelle est ; 8c moi jè leur dis : Vous neconnaissez ni l’esprit ni la matière. Par F esprit, vousne pouvez imaginer que la faculté de penser ; par lamatière , vous ne pouvez entendre qu’un certain

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