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Tome trente-septieme.
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Ame. 217

d’esprit 8c tel homme absolument imbécille. Quelle estdonc l’opinion que j’aurai de leur nature ? celle quetous les peuples ont imaginée d’abord avant que lapolitique égyptienne imaginât la spiritualité, l’immor-talité de famé. Je soupçonnerai même , avec bien del'apparence, qu Archimède 8c une taupe sont de la mêmeespèce, quoique d’un genre différent, de même qu’unchêne 8c un grain de moutarde sont formés parles mêmes principes, quoique f un soit un grand arbre,8c l’autre une petite plante. Je penserai que Dieu adonné des portions d’intelligence à des portions dematière organisée pour penser : je croirai que la matièrea des sensations à proportion de la finesse de ses sens ;que ce font eux qui les proportionnent à la mesure denos idées : je croirai que Fbuître à l’écaille a moins desensations 8c de sens, parce qu’ayant Famé attachée àson écaille, cinq sens lui seraient inutiles. II y a beau-coup d’animaux qui n’ont que deux sens ; nous enavons cinq, ce qui est bien peu de chose. 11 est à croirequ’il est dans d’autres mondes d’autres animaux quijouissent de vingt ou trente sens, Sc que d’autres espècesencore plus parfaites ont des sens à l’infini.

II me paraît que voilà la manière la plus naturelled’en raisonner, c’est-à-dire de deviner 8c de soupçon-ner certainement. 11 s’est passé bien du temps avantque les hommes aient été assez ingénieux pour imagi-ner un être inconnu qui est nous , qui fait tout ennous, qui n’est pas tout-à-fait nous, 8c qui vit aprèsnous. Auffi n’est-on venu que par degrés à concevoirune idée si hardie. D’abord ce mot ame a signifié lavie , 8c a été commun pour nous 8c pour les autresanimaux : ensuite notre orgueil nous a fait une ame à