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Tome trente-septieme.
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2 i 8 Ame.

part, Sc nous a fait imaginer une forme substantiellepour les autres créatures.Cet orgueil humain demande ceque c’est donc que ce pouvoir d’apercevoir 8c de sentir,qu’il appelle ame dans l’homme , 8c inflitiB dans labrute. Je satisferai à cette question quand les physiciensm’auront appris ce que c’est que le Jon , la lumière ,l’ espace , le corps , le temps. Je dirai, dans l’esprit du sageLocke : La philosophie consiste à s’arrêter quand leflambeau de la physique nous manque. J’observe leseffets de la nature; mais je vous avoue que je ne con-çois pas plus que vous les premiers principes. Tout ceque je fais , c’est que je ne dois pas attribuer à plu-sieurs causes, surtout à des causes inconnues, ce queje puis attribuer à une cause connue : or , je puisattribuer à mon corps la faculté de penser 8c de sentir ;donc je ne dois pas chercher cette faculté de penser 8cde íentir dans une autre appelée aine ou esprit , dontje ne puis avoir la moindre idée. Vous vous récriez àcette proposition : vous trouvez donc de l’irréligion àoser dire que le corps peut penser? Mais que diriez-vous , répondrait Locke, si c’est vous-même qui êtesici coupable d’irréligion , vous qui osez borner lapuissance de Dieu ? Ouel est l’homme sur la terre quipeut assurer, sans une impiété absurde, qu’il est impos-sible à Dieu de donner à la matière le sentiment 8c lepenser? Faibles 8c hardis que vous êtes , vous avancezque la matière ne pense point, parce que vous ne conce-vez pas qu’une matière, quelle quelle soit, pense.

Grands philosophes , qui décidez du pouvoir deDieu, 8c qui dites que Dieu peut d’une pierre faireun ange , ne voyez-vous pas que, selon vous-mêmes,Dieu ne ferait en ce cas que donner à une pierre la