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Tome trente-septieme.
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Ame.

agit sur nos sens comme les autres corps : mais il netend point à un centre comme eux ; il s’échappe, aucontraire , du centre en lignes droites de tous côtés.II ne semble pas obéir aux lois de l’attraction , de lagravitation , comme les autres corps. L’optique a desmystères dont on ne pourrait guère rendre raison ,qu’en osant supposer que les traits de lumière se pénè-trent les uns les autres. II y a certainement quelqueclrose dans la lumière qui la distingue de la matièreconnue; il semble que la lumière soit un être mitoyenentre les corps 8c d’autres espèces d’êtres que nousignorons. II est très - vraisemblable que ces autresespèces font elles-mêmes un milieu qui conduit àd’autres créatures , 8c qu’il y a ainsi une chaîne desubstances qui s’élèvent à l’infini.

Ufque adeo quod tanget idem ejl , tamen ultima dijlant?

Cette idée nous paraît digne de la grandeur deDieu, si quelque chose en est digne. Parmi cessubstances, il a pu fans doute en choisir une qu’il alogée'dans nos corps , 8c qu’on appelle ame humaine ;les livres saints, que nous avons lus, nous apprennentque cette ame est immortelle. La raison est d’accordavec la révélation ; car comment une substance quel-conque périrait-elle? tout mode se détruit, l’êtrereste.Nous ne pouvons concevoir la création d’une subs-tance , nous ne pouvons concevoir son anéantissement ;mais nous n’olons affirmer que le maître absolu detous les êtres ne puisse donner aussi des sentimens & desperceptions à l’être qu’on appelle matière. Vous êtesbien sûr que l’essence de votre ame est de penser , 8cnous n’cn sommes pas si sûrs : car lorsque nous exami-nons un fœtus , nous avons de la peine à croire que

son