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Tome trente-septieme.
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Ame. 225

son ame ait eu beaucoup d’idées dans fa coiffe ; 8cnous doutons fort que dans un sommeil plein 8c pro-fond, dans une léthargie complète, on ait jamais faitdes méditations. Ainsi il nous paraît que la penséepourrait bien être, non pas l’essence de l’être pensant,mais un présent que le Créateur a fait à ces êtres quenous nommons penjans; 8c tout cela nous a fait naîtrele soupçon que , s’il le voulait , il pourrait faire cepréfent-là à un atome , conserver à jamais cet atome,8c son présent, ou le détruire à son gré. La difficultéconsiste moins à deviner comment la matière pourraitpenser , qu’à deviner comment une substance quel-conque pense. Vous n’avez des idées que parce queDieu a bien voulu vous en donner ; pourquoi voulez-vous l’empêcher d’en donner à d’au tres espèces ? Seriez-vous bien assez intrépides pour oser croire que votreame est précisément du même genre que les substancesqui approchent le plus près de la Divinité ? 11 y agrande apparence qu’elles font d’un ordre bien supé-rieur , 8c qu’en conséquence DIEU leur a daignédonner une façon de penser infiniment plus belle ; demême qu’il a accordé une mesure d’idées très-médiocreaux animaux , qui font d’un ordre inférieur à vous.J’ignore comment je vis , comment je donne la vie ;8c vous voulez que je sache comment j’ai des idées:l’ame est une horloge que Dieu nous a donnée àgouverner ; mais il ne nous a point dit de quoi leressort de cette horloge est composé.

Y a-t-il rien dans tout cela dont on puisse inférerque nos âmes font mortelles ? Encore une fois , nouspensons comme vous fur l’immortalité que la foi nousannonce; mais nous croyons que nous sommes tropignoranspour affirmer que Dieu n’ait pas le pouvoir

Dichonn. philojoph. Tome I. P