Band 
Tome trente-septieme.
Seite
244
JPEG-Download
 

244 A M I T I K.

L’amitié est le mariage de l ame; 8c ce mariageest sujet au divorce. C’est un contrat tacite entredeux personnes sensibles 8c vertueuses. Je dis sensibles ,car un moine , un solitaire peut n’être point méchant8c vivre sans connaître l’amitié. Je dis vertueuses , carles méchans n ont que des complices ; les voluptueuxont des compagnons de débauche; les intéressés ontdes associés ; les politiques assemblent des factieux ; lecommun des hommes oisifs a des liaisons ; les princesont des courtisans : les hommes vertueux ont seulsdes amis.

Céthégus était le complice de Calilina , 8c Mécène lecourtisan á'Octave; mais Cicéron était l'ami d'Atticus.

Oue porte ce contrat entre deux âmes tendres 8chonnêtes ? les obligations en font plus fortes 8c plusfaibles , selon les degrés de sensibilité 8c le nombredes services rendus 8c c.

L’enthousiasme de f amitié a été plus fort chez lesGrecs 8c chez les Arabes que chez nous. (a) Lescontes que ces peuples ont imaginés fur l’amitié fontadmirables ; nous n en avons point de pareils. Noussommes un peu secs en tout. Je ne vois nul grand traitd’amitié dans nos romans , dans nos histoires , furnotre théâtre..

II n est parlé d’amitié chez les Juifs qu entre jfonalkas8c David. II est dit que David f aimait d’un amourplus fort que celui des femmes : mais aussi il est ditque David , après la mort de son ami , dépouillaMiphiboieth son fils 8c le fit mourir.

L’amitié était un point de religion Sc de législationchez les Grecs. Les Thébains avaient le régiment des

( « ') Voyez l'article Artthí.