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Tome trente-septieme.
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ces oreilles dressées , cette bouche qui s’ouvre avecde petites convulsions , ces narines qui s’enflent ,ce souffle enflammé qui en sort , ces crins qui serelèvent 8c qui flottent , ce mouvement impétueuxdont il s’élance fur l’objet que la nature lui a destiné ;mais n en fois point jaloux , 8c songe aux avantagesde l’espèce humaine ; ils compensent en amour tousceux que la nature a donnés aux animaux, force ,beauté, légéreté , rapidité.

II y a même des animaux qui ne connaissent pointla jouissance. Les poissons écaillés font privés de cettedouceur: la femelle jette fur la vase des millionsd’œufs ; le mâle qui les rencontre passe fur eux, 8c lesféconde par fa semence, sans fe mettre en peine àquelle femelle ils appartiennent.

La plupart des animaux qui s’accouplent ne goûtentde plaisir que par un seul sens, 8c dès que cet appétitest satisfait, tout est éteint. Aucun animal , hors toi,ne connaît les embrassemens ; tout ton corps est sen-sible ; tes lèvres surtout jouissent d’une volupté querien ne lasse ; 8c ce plaisir n’appartientqu’à ton espèce:enfin tu peux dans tous les temps te livrer àl’amour,8c les animaux n’ont qu’un temps marqué. Si turéfléchis fur ces prééminences , tu diras avec le comtede Rockejler : L’amour dans un pays d’athées feraitadorer la Divinité.

Comme les hommes ont reçu le don de perfection-ner tout ce que la nature leur accorde , ils ont per-fectionné l’amour. La propreté, le foin de foi-même,en rendant la peau plus délicate, augmente le plaisirdu tact, 8c l’attention fur fa santé rend les organesde la volupté plus sensibles. Tous les autres fentimens