Amour socratique. 255
Africaines 8c des femmes de l’Asie méridionale, cepenchant est généralement beaucoup plus fort dansl’homme que dans la femme ; c’est une loi que la naturea établie pour tous les animaux, c’est toujours le mâlequi attaque la femelle.
Les jeunes mâles de notre espèce, élevés ensemble,sentant cette force que la nature commence à déployeren eux, 8c ne trouvant point l’objet naturel de leurinstinct , se rejettent sur ce qui lui ressemble. Souventun jeune garçon , par la fraîcheur de son teint , parl’éclat de ses couleurs , 8c par la douceur de ses yeux »ressemble pendant deux ou trois ans à une belle fille ;si on l’aimc , c’est parce que la nature fe méprend ; onrend hommage au sexe, en s’attachant à ce qui en ales beautés ; 8c quand l’âge fait évanouir cette ressem-blance , la méprise cesse.
Citràque juventam
sEtatìs breve ver ù primos carpereflores.
On n’ignore pas que cette méprise de la nature estbeaucoup plus commune dans les climats doux quedans les glaces du Septentrion, parce que le sang y estplus allumé, 8c l’occasion plus fréquente ; aussi ce quine paraît qu’une faiblesse dans le jeune Alcibiade , estune abomination dégoûtante dans un matelot hollan-dais , 8c dans un vivandier moscovite.
Je ne puis souffrir qu’on prétende que les Grecsont autorisé cette licence. On cite le législateur Solon ,parce qu’iì a dit en deux mauvais vers ;
Tu chériras un beau garçon,
Tant qu’il n’aura barbe au menton, (b)
( b ) Un écrivain moderne nommé Larcher , répétiteur de collège ,dans un libelle rempli d’crreurs en tout genre , k dc la critique la plus