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Tome trente-septieme.
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254 Amour socrati q. u e.

sais fesser dans ce monde que pour vous le rendre dansl’autre , quand vous ferez chevaux Sc moi cavalier.

Ceux qui ont dit que l'amour de nous-mêmes est labase de tous nos fentimens Sc de toutes nos actions,ont donc eu grande raison dans l’Inde, en Espagne &dans toute la terre habitable : 8c comme on n’écrit pointpour prouver aux hommes qu’ils ont un visage, iln est pas besoin de leur prouver qu’ils ont de l’amour-propre. Cet amour-propre est l’instrument de notreconservation ; il ressemble à L’instrument de la perpé-tuité de l’espèce : il est nécessaire , il nous est cher, ilnous fait plaisir , 8c il faut le cacher.

AMOUR SOCRATIQUE.

S I l’amour qu'on a nommé socratique Sc platoniquen’était qu’un sentiment honnête , il y faut applaudir :si c était une débauche , il faut en rougir pour laGrèce.

Comment s'est - il pu faire qu'un vice destructeurdu genre - humain, s’il était générai; qu’un attentatinfâme contre la nature , soit pourtant si naturel ? IIparaît être le dernier degré de la corruption réfléchie ;Sc cependant il est le partage ordinaire de ceux qui n’ontpas eu encore le temps d’être corrompus. II est entrédans des cœurs tout neufs , qui n’ont connu encore nil’ambition , ni la fraude, ni la soif des richesses. C’estla jeunesse aveugle qui , par un instinct: mal démêlé ,se précipite dans ce désordre au sortir de l’enfance,ainsi que dans l’onanifme. (a)

Le penchant des deux sexes l’un pour l’autre fedéclare de bonne heure ; mais quoi qu’on ait dit des

( a ) Voyez Onanisme .