Amour socratique. 2Z7
jeunes gens attachés à l’éducation d’un enfant distin-gué, partageant les mêmes études, les mêmes travauxmilitaires; institution guerrière & sainte dont on abusacomme des fêtes nocturnes 8c des orgies.
La troupe des amans institués par Laïus, était unetroupe invincible de jeunes guerriers engagés par fer-ment à donner leur vie les uns pour les autres, 8cc’est ce que la discipline antique a jamais eu de plusbeau.
Sextus Empiricus 8c d’autres ont beau dire que cevice était recommandé par les lois de la Perse. Qu’ilscitent le texte de la loi; qu’ils montrent le code desPersans ; 8c si cette abomination s’y trouvait, je ne lacroirais pas ; je dirais que la chose n’est pas vraie ,par la raison qu’elle est impossible. Non , il n’est pasdans la nature humaine de faire une loi qui contre-dit 8c qui outrage la nature, une loi qui anéantiraitle genre-humain si elle était observée à la lettre.Mais moi je vous montrerai l’ancienne loi des Per-sans rédigée dans le Sadder. II est dit à l’article ouporte g qu il rìy a point de plus grand péché. C’esten vain qu’un écrivain moderne a voulu justifierSextus Empiricus 8c la pédérastie ; les lois de Xproajlre,qu’il ne connaissait pas , íont un témoignage irré-prochable que ce vice ne fut jamais recommandé parles Perses. C’est comme si on disait qu’il est recom-mandé par les Turcs. Ils le commettent hardiment ;mais les lois le punissent.
Que de gens ont pris des usages honteux 8c tolérésdans un pays pour les lois du pays ! Sextus Empiricus,qui doutait de tout , devait bien douter de cettejurisprudence. S’il eût vécu de nos jours , 8c qu’il eût
Diâionn. philojoph. Tome I. R