Z l 4 ANCIENS ET MODERNES.
y y Eclaircissons ce paradoxe. Si les anciens avaientfy plus d’eíprit que nous, c’est donc que les cerveauxy y de ce temps-là étaient mieux disposés, formés dey y fibres plus fermes ou plus délicates , remplis de,, plus d’esprits animaux; mais en vertu de quoi lesy y cerveaux de ce temps-là auraient-ils été mieuxy y disposés ? Les arbres auraient donc été aussi plusy y grands 8c plus beaux; car si la nature était alorsy y plus jeune 8c plus vigoureuse, les arbres, aufiìj» bien que les cerveaux des hommes, auraient dûy y se sentir de cette vigueur 8c de cette jeunesse. ,,(Digression furies anciensScles modernes.Tome IV,édition de 1742.)
Avec la permission de cet illustre académicien, cen’est point là du tout l’état de la question. II ne s’agitpas de savoir si la nature a pu produire de nos joursd’aussi grands génies , 8c d’aussi bons ouvrages queceux de l’antiquité grecque 8c latine ; mais de savoirsi nous en avons en effet. II n’est pas impossible fansdoute qu’il y ait d’aussi grands chênes dans la forêt deChantilli que dans celle de Dodone : mais, supposéque les chênes de Dodone eussent parlé, il serait très-clair qu’ils auraient un grand avantage fur les nôtres,qui probablement ne parleront jamais.
La Motte , homme d’esprit 8c de talens , qui amérité des applaudissemens dans plus d’un genre, asoutenu , dans une ode remplie de vers heureux, leparti des modernes. Voici une de ses stances.
Et pourquoi veut-on que j’encenseCes prétendus dieux dont je fors ?
En moi la même intelligenceFait mouvoir le; mêmes ressorts.