Ane. 335
presque tous les dieux en hommes ou en bêtes, pourles faire mieux réussir dans leurs desseins amoureux.
Si les dieux se changeaient en taureaux , en che-vaux , en cygnes, en colombes , pourquoi n’aurait-on pas trouvé le secret de faire la même opérationsur les hommes ?
Plusieurs commentateurs , en oubliant le respectqu’ilsdevaient aux saintes écritures,ontcitél’exemplede Nabuchodonojor changé en bœuf ; mais c’était unmiracle , une vengeance divine , une chose entière-ment hors de la sphère de la nature, qu’on ne devaitpas examiner avec des yeux profanes , &: qui ne peutêtre l’objet de nos recherches.
D’autres savans , non moins indiscrets peut-être ,se sont prévalus de ce qui est rapporté dans YEvan-gile de l'enfance. Une jeune fille en Egypte étant entréedans la chambre de quelques femmes , y vit un muletcouvert d’une housse de foie , ayant à son cou unpendant d’ébène. Les femmes lui donnaient des bai-sers , 8c lui présentaient à manger en répandant deslarmes. Ce mulet était le propre frère de ces femmes.Des magiciennes lui avaient ôté la figure humaine ;Sc le maître de la nature la lui rendit bientôt.
Ouoique cet évangile soit apocryphe, la vénéra-tion pour le seul nom qu’il porte , nous empêche dedétailler cette aventure, Elle doit servir seulement àfaire voir combien les métamorphoses étaient à lamode dans presque toute la terre. Les chrétiens quicomposèrent cet évangile, étaient sans doute de bonnefoi. Ils ne voulaient point composer un roman. Ilsrapportaient avec simplicité ce qu’ils avaient entendudire. L’Eglise . qui rejeta dans la fuite cet évangile