Anti-Lucrece. 369
par l’exemple de ces dieux mêmes, 8c tantôt vendaità prix d’argent la rémission des plus horribles forfaits.D’un côté je voyais par-tout des hommes insenséssouillés de vices, qui cherchaient à se rendre pursdevant des dieux impurs ; 8c de l’autre des fourbesqui se vantaient de justifier les plus pervers , soit enles initiant à des mystères , soit en se fan t couler sureux goutte à goutte lc sang des taureaux, soit en lesplongeant dans les eaux du Gange. Je voyais lesguerres les plus injustes entreprises saintement dèsqu’on avait trouvé fans tache le foie d’un bélier , ouqu une femme, les cheveux épars 8c l’ceil troublé, avaitprononcé des paroles dont ni elle ni personne necomprenait le sens. Enfin je voyais toutes les contréesde la terre souillées du sang des victimes humainesque des pontifes barbares sacrifiaient à des dieuxbarbares ; je me fais bon gré d’avoir détesté de tellesreligions. La mienne est la vertu. J’ai invité mesdisciples à ne se point mêler des affaires de ce monde,parce quelles étaient horriblement gouvernées. Unvéritable épicurien était un homme doux, modéré,juste , aimable , duquel aucune société n’avait à seplaindre, 8c qui ne payait pas des bourreaux pourassassiner en public ceux qui ne pensaient pas commelui. De ce terme à celui de la religion sainte , quivous a nourris, il n’y a qu’un pas à faire. J’ai détruitles faux dieux; 8c si j’avais vécu avec vous, j’auraisconnu le véritable, y
L est ainsi qu 'Epicure pourrait se justifier sur sonerreur; il pourrait même mériter sa grâce sur le dogmede l’immortalité de l’ame , en disant : Plaignez-moid’avoir combattu une vérité que Dieu a révélée
Dìclionn. philosoph. Tome I. A a